Un message simple, humain, et pour une fois profondément en phase avec ce que nous défendons depuis plus de 45 ans notamment à savoir le partage de la route et la considération mutuelle entre tous les usagers.
Une histoire pas toujours simple avec la Sécurité routière
On ne va pas se mentir : les relations entre la FFMC et la Sécurité routière n’ont pas toujours été un long fleuve tranquille.
Pendant longtemps, nos visions s’opposaient. Nous dénoncions une approche trop moralisatrice, parfois culpabilisante, incarnée par le fameux slogan « Tous responsables ». Une formule qui, à nos yeux, oubliait trop souvent la dimension collective des politiques publiques et la responsabilité des infrastructures, des décideurs et du système dans son ensemble.
Nous avions même forgé un mot pour résumer ce désaccord : la “sécurité rentière”, symbole d’une vision punitive et financière de la sécurité routière, symbolisée par le contrôle sanction automatisé, contre laquelle nous nous sommes battus et que nous n’oublions pas.
Mais les années ont passé, et le dialogue s’est apaisé.
D’un côté, la Sécurité routière a su faire évoluer son approche, notamment avec le passage à une signature plus positive : « Vivre, ensemble ».
De l’autre, nous avons aussi pris le temps de réfléchir à nos postures : l’opposition dans la rue ne fait pas toujours avancer les choses.
Et parce qu’on peut être en colère sans se fermer au dialogue, nous avons choisi de continuer à discuter, à expliquer, pour réellement construire une route partagée dont les motards ne sont pas les grands oubliés.
Aujourd’hui : du dialogue
Ce changement d’attitude a permis d’ouvrir des portes.
La FFMC siège désormais au Conseil National de la Sécurité Routière (CNSR) , occupe même la vice présidence de la Commission "Véhicules, Technologie Innovantes et Infrastructures). Elle porte au CNSR la voix des usagers de deux-roues motorisés, trop souvent laissés dans l’angle mort des politiques de mobilité.
Nous participons aussi aux plateformes des communicants de la Sécurité routière, où se retrouvent acteurs publics, associations, communicants et institutions.
Là, nous présentons nos actions et nos campagnes pour déconstruire les préjugés qui persistent encore sur les motards.
C’est aussi l’occasion de rappeler que la FFMC, ce n’est pas que des manifestations : c’est un réseau de bénévoles qui agit concrètement pour développer une véritable culture de prévention du risque routier, notamment à travers l’Éducation Routière de la Jeunesse (ERJ), où nous intervenons chaque année auprès de dizaines de milliers de jeunes.
On tourne ça comme on veut mais c’est ce type de travail qui a permis d’aboutir à la légalisation de l’inter-files.
« Priorité au respect » : un message universel
La nouvelle campagne « Priorité au respect » s’accompagne d’un manifeste à retrouver en bas de page qui parle à tout le monde :
« Chacun a sa place dans l’espace public. N’en laissons aucune à l’agressivité et à l’incivilité. »
Le texte invite à rompre la chaîne du stress et de la colère, qui trop souvent dégénère sur la route : un coup de klaxon, un regard noir, un geste d’agacement… et parfois un drame.
Alors oui, certains diront que c’est “bateau” ou “évident”.
Mais quand on voit la tension et la violence qui persistent sur nos routes entre automobilistes, cyclistes, motards ou piétons, on se dit qu’un peu de bienveillance ne fera jamais de mal surtout avec la force de communication que peut avoir la sécurité routière.
Ce message rejoint celui que nous défendons depuis toujours : la route se partage, la loi du plus fort n’y a pas sa place.
Une présence utile et symbolique
Être présents à ces rencontres, dans ces salles du même ministère de l’Intérieur où il y a 9 ans notamment nous étions encore massés pour manifester contre le contrôle technique moto, a quelque chose de fort.
Cela montre que la voix des motards a sa place dans les débats, et que depuis quelques années elle est davantage écoutée.
Rassurez vous ce combat que l’on menait il y a 9 ans n’est ni perdu, ni arrêté seulement, comme le sait tout motard ce n’est pas une question de sécurité routière ;)
Parce qu’au fond, c’est un de nos objectifs qui n’a jamais changé : rendre la route plus sûre, plus humaine, et plus respectueuse pour tous. Comme dirait nos amis Portugais avec leur pétition contre ce CT2RM "Live and let Live".
Et si aujourd’hui la FFMC peut contribuer à faire entendre ce message au cœur même de la Sécurité routière, alors on y sera pour les motards !
