50 km/h au-dessus de la limite : Bienvenue dans la France des délinquants !

Le 29 décembre dernier, entre les restes de bûche de Noël et les préparatifs du réveillon, le gouvernement a glissé un "cadeau" empoisonné sous le sapin des usagers de la route : un décret requalifiant les excès de vitesse de plus de 50 km/h en délit, et ce dès la première infraction.

La surenchère plutôt que l’efficacité
Désormais, pour un seul dépassement, vous risquez jusqu’à 3 mois d’emprisonnement, 3 750 € d’amende, une annulation de permis de 3 ans et la confiscation immédiate de votre véhicule.
Pourtant, les chiffres de l’ONISR sont têtus : ces « grands » excès de vitesse ne représentent que 0,45 % des infractions constatées. À l’inverse, plus de 80 % des flashs concernent des excès de moins de 5 km/h. Les chiffres montrent que malgré l’augmentation de la répression et des radars, l’accidentalité ne faiblit plus depuis plusieurs années et qu’on touche aux limites du système répressif mis en place depuis 20 ans. On est donc en pleine mesure d’affichage, une véritable « répression spectacle » qui évite soigneusement de s’attaquer aux vraies causes de l’insécurité routière : le manque de formation, le relâchement de l’attention et le délabrement du réseau routier.


Un piège facile à refermer

Certains diront qu’à +50 km/h, ce n’est plus de l’inattention. Vraiment ? Avec le "yoyo" permanent des limitations de vitesse (VMA), le piège est partout. Qui n’a jamais vu une portion de 2x2 voies, aux caractéristiques autoroutières, soudainement bridée à 50 km/h pour des travaux invisibles ou des raisons administratives floues ? Sans oublier les variations liés en cas de pic de pollution. Une seconde d’inattention, un citoyen exemplaire bascule dans le camp des criminels.

Fabriquer de la délinquance à la chaîne
Alors que le débat public sature sur la hausse de la criminalité, le gouvernement a trouvé une solution radicale : créer des délinquants par décret. En faisant entrer des catégories entières de citoyens dans le casier judiciaire pour une erreur de conduite, on ne sécurise pas les routes, on criminalise la population. Espérons que les juges, futurs destinataires de ces « naufragés de la répression », sauront faire preuve du discernement dont l’exécutif manque cruellement.

Un air de déjà-vu : le retour des vieux démons
Ce combat, la FFMC le mène depuis trente ans.
En 1994, nous avions fait reculer Bernard Bosson qui tentait déjà cette manœuvre.
En 1998, rebelote avec Jean-Claude Gayssot et son « délit de grande vitesse ».
À l’époque, notre mobilisation nationale avait permis de sauver l’essentiel : le droit de ne pas dénoncer le conducteur et, surtout, le fait que la qualification pénale ne s’applique qu’en cas de récidive. C’est ce verrou de bon sens que le décret actuel vient de faire sauter.

Manifestaion contre la loi Gayssot à Lyon 1998

Ne pas ignorer le problème de la vitesse
Evidemment que la FFMC est consciente du problème de la vitesse excessive et de la mortalité qui va avec. Et c’est justement pour ça que ce sujet nous tient à cœur et que nous aimerions qu’il soit réellement pris au sérieux.

La FFMC milite depuis toujours pour le continuum éducatif.
Ce que nous défendons, c’est une prévention du risque routier qui repose sur un triptyque : Formation, Éducation, Infrastructure.

Le gouvernement veut nous faire croire que la sécurité routière passe par la prison.
La sécurité, c’est l’éducation, pas l’humiliation judiciaire.

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5 commentaires

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  • C’est facile de taper toujours des lois pour remplir les prisons . Mais l’état et les autres sur nos routes . Voir ci dessous

    Madame, Monsieur,

    Adhérent à la FFMC et usager quotidien des routes communales, départementales et nationales, je souhaite attirer votre attention sur la dégradation préoccupante de l’état des chaussées et sur certains aménagements routiers présentant des dangers réels, en particulier pour les deux-roues motorisés.

    De nombreux axes, quel que soit leur statut, présentent aujourd’hui des défauts graves et récurrents :

    – Nids-de-poule et affaissements non réparés, parfois durables, entraînant des risques de perte de contrôle ou de chute.
    – Bandes de mastic et reprises d’enrobé fortement glissantes, notamment par temps humide ou froid.
    – Marquages au sol (peintures blanches, zébras, bandes de signalisation) excessivement glissants, y compris en zones urbaines, ronds-points et carrefours.
    – Zones peintes ou “ramad’disseurs” traitées avec des produits non adhérents, particulièrement dangereuses pour les motos et scooters.
    – Ralentisseurs hors normes (hauteur, pente, implantation), non conformes à la réglementation en vigueur et parfois non signalés.
    – Présence de gravillons après travaux ou balayage insuffisant, sans signalisation adaptée ni information préalable des usagers.

    Ces situations concernent aussi bien les zones rurales que périurbaines ou urbaines. Elles ne relèvent pas d’un inconfort, mais bien d’un enjeu de sécurité routière, avec un risque accru d’accidents graves pour les usagers vulnérables.

    La FFMC, par son expertise et son rôle reconnu en matière de sécurité routière, se fait l’écho de ces constats de terrain. Nous demandons :
    • une prise en compte réelle des contraintes spécifiques des deux-roues,
    • un entretien régulier et durable des chaussées,
    • l’utilisation de matériaux non glissants,
    • le respect strict des normes pour les ralentisseurs,
    • et une signalisation systématique et efficace lors de travaux ou de dépôts temporaires de gravillons.

    Je reste à disposition pour tout échange ou remontée d’informations locales, et j’espère que ces remarques contribueront à une amélioration concrète et rapide de la sécurité pour tous les usagers.

  • Bonjour , les grands excès de vitesse existaient bien avant t de créer celle ci en délit . L’état est indigne envers les motards concernant les routes dans un triste état .
    routes nationales , départementales, communales.
    les peintures glissantes , les liserées bandes noires glissantes bricolages brefs. Au lieu de mettre en place des lois , des radars à tout va , vous faites quoi de nos impôts ? Je vous signale Messieurs les politiques responsables, vous devez obligatoirement sécuriser vos concitoyens.
    nous motards nous constations une détérioration de nos routes … c’est pitoyable… …juridiquement vous êtes responsables… alors ? C’est pour quand les réparations urgentes ?

  • Antoine 1 réponse Permalien

    Je suis moi-même motard, et pourtant cela ne me choque pas, cela me semble même normal de considérer qu’à partir d’un certain seuil, ta conduite est trop dangereuse pour juste te laisser repartir. Là où j’habite, il y a de plus en plus de kéké qui modifient leurs bécanes, pour qu’elles aillent plus vite, et surtout pour qu’elles fassent plus de bruit. Honnêtement, le comportement de quelques individus (particulièrement remarqués) me fait vraiment honte. À tel point que je n’ose plus dire que je suis motard. Il n’y a plus de gens comme moi qui aiment rouler tranquillement, avec des machines d’origine, et qui lorsqu’ils veulent faire les fous vont le faire sur un endroit dédié et sécurisé ? Nan parce que j’en ai vraiment la sensation ...

  • Pas grand Chose a redire ! FFMC tape juste ! Problème ,les personnes autres que les motards diront que la fédération réagit car les motards roulent très vite ! Donc ils sauvent leurs casier judiciaire
    Moi je vous soutiens ( je suis qu un grain de sable ,mais ensemble nous ferons une plage)
    Bernard 59