La Norvège expérimente une approche différente : agir directement sur l’infrastructure routière pour réduire le risque d’accident en incitant les conducteurs de deux et trois roues motorisées, à adopter une trajectoire plus sûre sans passer par la mise en place d’une nouvelle réglementation.
Sur une route nationale près du lac d’Øyeren, les autorités norvégiennes testent un nouveau type de marquage dans certains virages. De grandes ellipses blanches ont été peintes sur la chaussée afin d’influencer naturellement le positionnement des conducteurs et leur perception de la vitesse
Cette expérimentation est soutenue par nos homologues de l’association norvégienne de défense des motocyclistes (NMCU)
Selon son directeur général, Arild Lind, des essais similaires menés en Autriche auraient permis de réduire fortement le nombre d’accidents dans certains virages.
« Au Tyrol, le nombre d’accidents a diminué jusqu’à 80 % dans les virages où des ellipses ont été installées. D’autres pays qui déploient actuellement ce projet constatent également une forte baisse du nombre d’accidents. La NMCU a sans doute été la voix publique la plus influente en faveur de la mise en place de ces ellipses en Norvège. La NMCU se réjouit que le premier projet pilote soit déjà en cours – deux ans après l’avoir lancé – et attend avec intérêt les résultats de ce projet. »
À noter que le matériau utilisé pour ces marquages a été spécialement choisi pour conserver un niveau d’adhérence compatible avec la circulation des motos.
Si ces résultats doivent être interprétés avec prudence en raison du faible nombre d’accidents concernés, ils ont néanmoins convaincu les autorités norvégiennes de lancer un projet pilote.
Une approche qui mérite l’attention
Cette initiative s’inscrit dans un programme national de sécurité routière comprenant plusieurs mesures destinées aux motocyclistes car les autorités constatent en effet que la baisse de l’accidentalité des motards n’évolue pas au même rythme que celle des autres catégories d’usagers.
Au-delà du cas norvégien, cette expérimentation illustre une vision de la sécurité routière que la FFMC défend depuis longtemps. La réduction de l’accidentalité ne peut pas reposer uniquement sur des sanctions individuelles ou sur la multiplication des contrôles. L’environnement routier doit changer et s’adapter : l’état des infrastructures, la lisibilité des virages, la qualité des revêtements, la signalisation ou encore le traitement des obstacles latéraux sont autant d’éléments qui peuvent contribuer à réduire les risques.
Les résultats de ce projet pilote seront suivis avec attention. Si son efficacité est démontrée, il pourrait constituer un exemple supplémentaire de politique de sécurité routière prenant réellement en compte les besoins spécifiques des motocyclistes.
(Si vous souhaitez consultez l’article de la FEMA, cliquez ici)


