La Transition écologique : kézako ?

Face à l’enjeu de l’épuisement à terme des ressources fossiles et à l’enjeu sanitaire de la pollution atmosphérique dans les villes, la transition énergétique et écologique (TEE) apparaît désormais au centre des préoccupations sociétales et politiques. Comment s’adapter à cette nouvelle donne sociale et environnementale ?

Qu’appelle-t-on transition écologique, au juste ?
Wikipedia nous dit que la transition écologique consiste à « Aller vers un modèle énergétique qui permette de satisfaire de manière durable, équitable et sûre (pour les hommes et leur environnement) les besoins en énergie des citoyens et de l’économie française dans une société sobre en ressources naturelles, en énergie et en carbone.. »

Pour la moto et pour simplifier, la Transition énergétique concerne la baisse de la consommation d’énergie (donc d’essence, ou l’utilisation d’énergie alternative non carbonées) et la Transition écologique concerne la diminution de la pollution atmosphérique.

Contre la pollution : les Normes Euro 1,2,3,4,5, ...
Séance rattrapage : que sont les normes "euro" ?

Il s’agit des limites de pollution autorisées des deux roues motorisés. Chaque véhicule, au cours du processus d’homologation européen est testé sur un "parcours type", en mesurant ses émissions polluantes qui ne doivent pas dépasser une valeur limite, mesurée en g/km, précisée dans le texte de la norme.

Pour rappel les 3 polluants mesurés sont :
- le monoxyde de carbone (CO)
- les hydrocarbure non brûlés (HC)
- les oxyde d’azote (NOx)

Euro 1
La norme euro1 est introduite en juin 1999 . Elle s’applique alors à tous les nouveaux deux roues motorisés vendus dans l’Union Européenne (directive 97-24). Le parc circulant n’est pas affecté, les normes ne s’appliquant qu’aux nouveaux véhicules.
CO 8-13 g/km HC 4 - 3 g/km NOx 0,1 - 0,3 g/km

Avant 1999, coexistaient en Europe une disparité de réglementations nationales différentes. On parle alors d’euro 0. La norme euro1 a surtout "harmonisé" les législations nationales sans avoir beaucoup "sévérisé" les normes.

Euro 2
En 2003/2004 est introduite la norme euro2 qui abaisse sensiblement les seuils admissibles de CO, HC et NOx, d’abord pour les nouveaux modèles puis pour l’ensemble des véhicules neufs commercialisés (cela ne concerne pas les véhicules d’occasion).
CO 5,5g/km HC 1,2 - 1 g/km NOx 0,3 g/km

Euro 3
Même topo en 2006/2007 avec la norme euro3 qui voit se généraliser l’injection électronique qui permet un réglage beaucoup plus fin du moteur et donc des émissions polluantes.
CO 2 g/km HC 0,8 - 0,3 g/km NOx 0,15 g/km

Euro 4
Après ce rattrapage à allure forcée qui a vu défiler 3 normes successives en 7 ans (!) , c’est Euro4 qui, 10 ans plus tard, pointe le bout de son nez en 2017. La nouveauté est essentiellement une méthode de mesure plus réaliste des émissions polluantes. Jusque là les motos étaient évaluées sur le même cycle de test que les voitures particulières.
CO 1,2 g/km HC 0,38 g/km NOx 0,07-0,03 g/km

((illustration Cycle ECE R40, et WMTC))

Cycle ECE R40
En vigueur jusqu’en 2006, ce cyle se caractérise par des accélérations molassones, entre 15 et 50 kilométres heure sur les 2/3 du cycle.
Cycle WMTC
WMTC pour World Motorcycle Test Cycle : ce cycle est plus représentatif des conditions de circulation dans la vie réelle

Outre une sévérisation des seuils réglementaires admissibles, Euro 4 voit également débarquer les dispositifs de diagnostic embarqués, avec l’OBD (On Board Diagnosis), qui permet de signaler un dysfonctionnement des systèmes de dépollution.
Par ailleurs, des normes de durabilité (des systèmes d’échappement et de dépollution) sont introduites afin de s’assurer que les systèmes de dépollution ne fonctionnent pas uniquement le jour de l’homologation mais durant toute la vie "utile" d’un véhicule.

Euro 5
En 2020, c’est la norme euro5 qui devrait devenir obligatoire pour tous les nouveaux véhicules avec un nouvel abaissement des niveaux d’émission polluante admissibles. Les dispositifs de diagnostic embarqués passent à la norme OBD II qui ne se contente plus de signaler un dysfonctionnement des systèmes de dépollution mais assure un monitoring de la pollution émise par le véhicule.


Et les bagnoles et les camions ?

C’est en 90 que les normes européennes voient le jour pour les poids lourds, et en 1993 pour les voitures particulières.

Une étude de l’ADEME de 2008 prenant en compte les caractéristiques propres des deux roues motorisés, et comparant les pollutions émises par un échantillon représentatif d’automobiles, de motos et de scooters, montre les progrès spectaculaires faits par les deux roues motorisés au début des années 2000 suite à l’introduction des normes euro2 et 3. Mais aussi qu’il reste du chemin à rattraper, notamment pour les HC (principalement issus par les moteurs deux temps mais qui sont en voie de disparition).