Ce que nous, motards, pouvons faire pour améliorer notre propre sécurité
La sécurité routière ne repose pas seulement sur les infrastructures, les règles et les réglementations ; elle dépend aussi des décisions, des compétences et des attitudes que nous adoptons au quotidien, nous, les motards.
L’amélioration de la sécurité à moto en Europe est souvent abordée sous l’angle de ce que les gouvernements, les autorités et les constructeurs devraient faire. Pourtant, nous, les motocyclistes, jouons également un rôle crucial.
Un premier facteur, peut-être le plus important, est la formation des motards. Obtenir un permis moto ne devrait pas être considéré comme la fin de l’apprentissage, mais plutôt comme le début d’un processus qui dure toute la vie.
Suivre une formation volontaire de perfectionnement peut améliorer considérablement les compétences en freinage, en prise de virage et en détection des dangers. De nombreuses organisations nationales (comme l’AFDM) proposent déjà ce type de stages post-permis, et les motards qui y participent constatent souvent une nette augmentation de leur confiance et de leurs marges de sécurité.
Des formations de remise à niveau régulières sont tout aussi importantes, notamment après une pause hivernale ou lors d’un changement de moto. Au niveau européen, la FEMA soutient les efforts visant à rendre les systèmes de formation plus cohérents et à faire en sorte que les motards soient récompensés pour leur expérience et leurs compétences, plutôt que simplement contraints de passer par des étapes administratives de permis.
Tout aussi important est l’état d’esprit du motard. Faire de la moto demande une vigilance constante et une compréhension réaliste du risque. L’enjeu n’est pas la peur, mais le respect des limites de la machine et du pilote. Une culture positive de la sécurité au sein de la communauté motarde peut encourager un comportement responsable : rouler sobre, porter un équipement de protection, adapter sa vitesse aux conditions.
Les équipements de protection constituent la meilleure sécurité immédiate du motard. Les équipements modernes ont énormément progressé, et il y a peu d’excuses pour rouler sans eux. Les casques, gants, bottes et vestes renforcées certifiés peuvent faire la différence entre une blessure mineure et une blessure grave et durable. Les gilets et vestes airbag deviennent désormais plus abordables et peuvent prévenir des blessures mortelles à la poitrine et au cou. La FEMA et ses membres continuent de défendre des politiques permettant de rendre ces équipements plus accessibles, notamment grâce à des réductions fiscales et des campagnes de sensibilisation encourageant les motards à investir dans du matériel de qualité. Toutefois : l’équipement de protection n’a pas besoin d’être obligatoire, nous pouvons faire nos propres choix.
La visibilité est un autre facteur essentiel. Les motards doivent partir du principe que les autres usagers de la route ne les voient pas toujours et se positionner en circulation en conséquence. Des vêtements à fort contraste, un éclairage efficace et une position stratégique dans la voie peuvent contribuer à prévenir le type d’accident le plus courant : celui où la moto n’est pas vue à une intersection. De nombreuses organisations nationales mènent des campagnes de sensibilisation publique incitant les automobilistes à « regarder deux fois pour voir les motos », mais les motards peuvent eux aussi faire la différence en augmentant leur propre visibilité.
L’infrastructure routière joue également un rôle majeur en matière de sécurité, et les motards peuvent y contribuer. Signaler les revêtements routiers dangereux, la mauvaise signalisation ou les marquages glissants permet aux autorités d’identifier et de corriger des dangers qui pourraient autrement passer inaperçus. Dans plusieurs pays, des organisations de motards ont créé des plateformes en ligne dédiées à cet objectif, montrant que lorsqu’ils s’engagent de manière constructive, des améliorations suivent. La FEMA continue de plaider pour un aménagement routier plus adapté aux motos, incluant des systèmes de barrières de protection et des matériaux antidérapants, mais ce travail est d’autant plus efficace que les motards fournissent des informations locales concrètes. Les routes les plus sûres ne sont pas celles comportant le plus de restrictions, mais celles où tous les usagers assument leur responsabilité envers eux-mêmes et les autres.
L’action collective reste la clé des progrès. En rejoignant les organisations nationales et en soutenant le travail européen de la FEMA, les motards renforcent la voix de ceux qui défendent des mesures de sécurité pratiques et fondées sur les faits. L’objectif est de garantir que les politiques de l’UE se concentrent sur les véritables causes des accidents de moto, comme la visibilité, l’infrastructure et la formation, plutôt que sur des mesures symboliques ou inutiles telles que les inspections périodiques obligatoires. Nous devons continuer à rappeler aux décideurs que les motos font partie de la solution pour une mobilité durable, et non un problème à réguler à outrance.
Enfin, maintenir sa moto en bon état technique est un acte de sécurité quotidien. Les pneus, freins, feux et suspensions doivent être vérifiés régulièrement, et les technologies de sécurité comme l’ABS ou le contrôle de traction doivent être correctement utilisées et entretenues. Ces systèmes ont démontré leur capacité à éviter de nombreux accidents mortels, notamment lors de freinages critiques.
Rédigé par Wim Taal