Une surenchère pénale déconnectée du terrain
Jusqu’ici, un tel excès de vitesse constituait une contravention de 5ème classe, déjà lourdement sanctionnée (1 500 € d’amende, retrait de 6 points, suspension de permis et saisie possible du véhicule). En basculant dans le domaine délictuel, le gouvernement cherche avant tout à frapper les esprits et à encombrer les tribunaux, sans pour autant proposer de solutions pédagogiques.
Pour la FFMC, cette mesure est symptomatique d’une vision uniquement répressive de la route :
• Le passage au tribunal pour tous : Cette mesure va contribuer à saturer un système judiciaire, pour un gain de sécurité routière qui reste à démontrer.
• La fin de la proportionnalité : Transformer un conducteur (qu’il soit à deux ou quatre roues) en délinquant au même titre qu’un auteur de violences ou de vols est une insulte au discernement.
• L’oubli de la formation : On punit plus fort, mais on ne forme pas mieux. La France revient au « tout-répressif » automatisé qui a montré ses limites, et délaissant l’éducation continue et l’amélioration des infrastructures.
La sécurité routière mérite mieux que des coups de com’
La FFMC rappelle que la prévention du risque routier repose sur un triptyque : Formation, Éducation, Infrastructure. En se focalisant sur la "vitesse-épouvantail", le gouvernement occulte les véritables fléaux que sont l’alcool, l’inattention et les distracteurs, ou encore le mauvais état de nos routes (nids-de-poule, glissières non doublées, signalisation défaillante).
« On ne fait pas baisser la mortalité en remplissant les casiers judiciaires, mais en rendant les usagers plus conscients et plus aptes à partager la route », déclare le porte-parole de la FFMC. « Cette requalification en délit est une mesure de "répression spectacle" qui vise à masquer les insuffisances de la politique de prévention. »
La FFMC appelle le gouvernement à revenir à la raison et à privilégier :
1. Une formation initiale et post-permis renforcée et accessible.
2. Un investissement massif dans la rénovation des infrastructures routières.
3. Une présence humaine sur les routes pour sanctionner les comportements réellement dangereux plutôt que de s’en remettre à la froideur des radars.
La FFMC restera vigilante et n’exclut aucune action nationale pour contrer cette politique qui se trompe de priorité
